
La Mort : Une
personnification anthropomorphique : un squelette
de
2m10 de haut pour résumer, de sex... enfin de genre masculin,
qui
parle en majuscules : "Comme
ça par exemple !". Ce qui fait que son arrivée
dans
une page du livre est très facilement repérée. Il
n'est pas méchant, loin de là, il fait son travail c'est
tout. Il essaie de comprendre les humains, mais ça ne marche
jamais. Il a une petite fille qui lui ressemble beaucoup au niveau
caractère mais pas physiquement (heureusement pour elle).
le
Bibiothécaire : Un mage qui a été
changé en orang outang et qui refuse de revenir à sa
forme
antérieure. Surveille la bibliothèque de
l'Université de l'Invisible avec un soin jaloux. Aime les
bananes. Dit "Oook". Ecrase la tête de tous ceux qui l'appellent
singe (aïeuh), il est un anthropoïde !
Rincevent
:
Un mage calamiteux qui n'a jamais pu apprendre un
seul
sortilège depuis qu'un des 8 sortilèges majeurs lui a
sauté dans la tête et refuse d'en sortir, ce qui fait peur
à tous les autres sortilèges qui pourraient essayer de
rentrer. A de très grandes aptitudes pour la fuite, c'est pour
ça qu'il est encore en vie d'ailleurs.
Le
Bagage : un
gros coffre cerclé de métal et
fabriqué en bois de poirier savant, il est doté d'un
grand
nombre de petites jambes qui lui permettent de suivre son
propriétaire (actuellement Rincevent) partout. Son couvercle
s'ouvre pour dévorer méchament les gens, ou pour montrer
du linge propre (genre "je suis innocent"). Un accessoire de voyage
très fidèle et complètement psychopathe... Il se passait des tas de choses à
l’Université de l’Invisible et, malheureusement, l’enseignement
en faisait forcément partie. La faculté s’était
depuis longtemps attaquée à la question et avait mis au
point diverses techniques pour y échapper. Mais ce
n’était
pas un problème parce que, pour être juste, les
étudiants avaient agi de même.
Le système fonctionnait plutôt bien et,
comme il arrive souvent dans ces cas là, avait pris valeur de
tradition. Les cours avaient manifestement lieu puisqu’ils figuraient
noir sur blanc dans l’emploi du temps. Le fait que personne n’y
assistait était un détail secondaire. On soutenait
à l’occasion que les cours n’existaient pas, mais personne ne
s’y
rendait jamais pour le vérifier. De toute façon, avait on
avancé (en l’occurrence le lecteur de pensée
embrouillée*), les cours avaient lieu en essence, tout
était donc pour le mieux.
En matière d’instruction, l’Université
pratiquait donc l’ancestrale méthode qui consistait à
mettre des tas de jeunes gens dans le voisinage d’un tas de livres en
espérant que quelque chose passerait des uns aux autres, tandis
que les jeunes gens se mettaient dans le voisinage d’auberges et de
tavernes pour exactement les mêmes raisons.
On était en milieu d’après-midi. Le
titulaire de la chaire des études indéfinies donnait un
cours dans la salle 3B, donc sa présence endormie devant le feu
de la salle Peu Commune était un détail technique sur
lequel le tact interdisait d’émettre le moindre commentaire.
Ridculle lui flanqua un coup de pieds dans les
tibias.
"Ouille !
--Pardon de vous interrompre, titulaire, fit Ridculle pour la forme.
Que les dieux me viennent en aide, faut que je réunisse le
conseil des mages. Où sont-ils tous ?"
Le titulaire des études indéfinies se massa la jambe. "Je
sais que l’assistant des runes modernes donne un cours dans la salle
3B**, dit-il. Mais je ne sais pas où il est réellement..."
*Ce qui est comme la logique floue, mais en moins bien.
**Tous les cours virtuels avaient lieu dans la salle 3B, une salle non
seulement introuvable sur les plans de l’Université mais aussi,
pensait-on, aux dimensions infinies.
Il s’agissait d’un minuscule morceau de matière qui naquit
brusquement du néant.
La Mort se rendit d’un pas raide au point d’arrivées et regarda
attentivement.
Un trombone*.
Bon c’était déjà un début.
Il y eut un autre léger bruit sec, et un petit bouton de chemise
blanc se mit à tournoyer tranquillement dans le vide.
*Beaucoup de gens pensent qu’il aurait dû s’agir d’une
molécule d’hydrogène, mais les faits observés
contredisent pareille idée. Quiconque a jamais trouvé un
fouet à œufs jusque-là inconnu bloquant un innocent
tiroir de cuisine sait que la matière brute se déverse en
permanence dans l’univers sous des formes relativement
développées, lesquelles apparaissent en
général dans les cendriers, les vases, les boîtes
à gants. Elle choisit son aspect de façon à ne pas
éveiller les soupçons ; parmi ses manifestations les
plus communes, citons les trombones, les aiguilles d’emballage de
chemise, les petites clés de radiateur de chauffage central, les
billes, les bouts de crayons, les pièces mystérieuses de
divers ustensiles pour hacher les fines herbes et les vieux albums de
Kate Bush. Les raisons qui poussent la matière à agir
ainsi restent obscures, mais il est évident qu’elle a des
idées derrière la tête.
Il est également évident que les créateurs
d’univers préfèrent parfois le procédé du
big-bang, mais qu’ils recourent aussi de temps en temps aux
méthodes plus douces de la création continue. Ces
dernières faisant suite à des études de
cosmothérapeutes qui ont révélé que la
violence du Big-Bang risquait de causer à l’Univers de
sérieux problèmes psychologiques à l’âge
adulte.
La voix de la raison s’aperçut que, si elle ne se méfiait pas, elle allait finir aussi morte que le reste de Rincevent.
Les mains de Rincevent, elles aussi conscientes qu’elles allaient vivre des moments extrêmement passionnants et très brefs à moins de prendre les affaires en elle même, se tendirent lentement...
Les quatre cavaliers dont la chevauchée présage la fin
du monde sont, tout le monde le sait, la Mort, la Guerre, la Famine et
la Pestilence. (...) Les quatre cavaliers dont l’apparition annonce les
jours fériés sont la Tempête, la Bourrasque, la
Neige Fondue et la Voie à Contresens. (...)
*Lequel, même soigneusement enroulé, se
déroulera toujours pendant la nuit pour amarrer la tondeuse
à gazon aux vélos.
"Pardon."
Rincevent se figea, les deux mains serrées sur son pied
douloureux. Il ne connaissait qu’une personne dont la voix
évoquait un cimetière au cœur de l’hiver.
"Avec lui dans le secteur, même l’incertitude est incertaine. Et je n’en suis même pas sûr."
"Tu penses, à ce
qu'on dit. Calcule logiquement à quoi on arrivera si
l'espèce humaine cesse de croire au père Porcher. Est ce
que le soleil se lèvera ? Réponds."
Plusieurs minutes furent nécessaires. Les
roues
tournèrent. Les fourmis cavalèrent. La souris couina. Un
sablier descendit sur un ressort. Il rebondit sans raison un moment
puis
remonta d'une secousse.
Sort écrivit : +++ Le Soleil ne Se Lèvera Pas +++
"Exact. Comment peut-on
empêcher ça ? Réponds."
+++ Croyance Régulière et Constante +++
"Bien. J'ai un travail pour
toi, machine à penser."
+++ Oui. Je Prépare un Champ de Mémoire
d'Ecriture
Seule +++
"Qu'est ce que c'est ?"
+++ Vous Diriez : Savoir dans Vos Os +++
"Bien. Voici tes instructions.
Crois au père Porcher."
+++ Oui +++
"Est ce que tu y crois ?
Réponds."
+++ Oui +++
"Est ce que... tu... y... crois
? Réponds."
+++ OUI +++
Un changement s'opéra dans le fouillis de tubes et de tuyaux
qu'était Sort. La grande roue se positionna différemment
en grinçant. De l'autre côté du mur parvint le
bourdonnement d'abeilles en pleine activité.
"Bien."
La Mort fit demi tour pour s'en aller mais s'arrêta
lorsque Sort se mit à écrire à toute allure. Il
revint sur ses pas et lut le papier qui sortait.
+++ Cher Père Porcher, Pour le Porcher Je Veux...
"Oh non. Tu ne peux tout de
même pas écrire une lett..." La Mort marqua un
temps. "Tu peux, hein ?"
+++ Oui. J'ai le Droit. +++
La mort attendit que la plume se soit arrêtée et prit le
papier.
"Mais tu es une machine. Les
objets ne ressentent aucun désir. Un bouton de porte n'a envie
de rien., même si c'est une mécanique compliquée."
+++ Tout ce Qui Est Lutte +++
"Très juste",
reconnut la Mort. Il songea à de tout petits pétales
rouges au tréfonds des ténèbres et lut la liste
jusqu'au bout.
"Je ne sais pas ce que sont la
plupart de ces articles. Je ne crois pas que ma hotte le saura
davantage."
+++ Je le Regrette +++
"Mais nous allons faire de
notre mieux, dit la mort. Franchement je serai bien content
une fois la nuit finie. C'est beaucoup plus difficile de donner que de
recevoir." Il fouilla dans sa hotte. "Voyons voir... Quel âge as tu
?"
*Madame Cake n'ignorait pas que certaines religions ordonnaient des prêtresses. Ce qu'elle pensait de l'ordination des femmes n'est pas imprimable. A Ankh-Morpork, les religions à prêtresses avaient tendance à drainer une foule de prêtres en civil d'autres confessions venant chercher deux, trois heures de répit quelque part où ils ne risquaient pas de tomber sur madame Cake.