Dans la foulée de la présentation de Daniel, Tristan Nitot est arrivé. Il a prétexté une panne de son ordinateur portable pour justifier son manque de préparation (de toute façon, vu qu'il est un champion de l'impro, ça serait passé inaperçu). Par contre pas d'explication sur l'absence de tutu rose, c'était louche !
La présentation de Tristan faisait un parallèle entre l'invention de l'écriture et le Web. Tout d'abord, avant Guthemberg, c'était les moines copistes qui fabriquait les livres au rythme de 40 ouvrages par vie de moine. Et bien évidemment, l'église controlait l'information. L'invention de l'imprimerie en 1440, puis de la linotype à la fin du XIXe siècle a permi une démocratisation de l'information sans précédent dans l'histoire.
Aujourd'hui, Internet va encore plus loin, car il permet à tout le monde de diffuser l'information à tout le monde. N'importe qui peut ouvrir un blogue sur Blogger en quelques minutes, et tout le monde pourra le lire. Les distances ont disparu, on peut envoyer un fichier par mail à quelqu'un qui est à l'autre bout de la planête rapidement et sans difficulté, alors qu'avant, il fallait utiliser une disquette et l'envoyer par la poste (avec le rique de la perdre). De plus, le HTML est universel, et permet la diffusion des informations quelque soit le système utilisé (Mac, Windows, Linux, Solaris, etc...). Il rend donc les systèmes propriétaires obsolètes, et donc les menaces.
Faisons une petite rétrospective. Dans les années 80, il y avait un système fermé controlé par AOL. Pour l'utiliser, il fallait payer AOL, pour y diffuser de la pub, il fallait payer AOL, pour faire quoique ce soit, vous avez compris. En 95, Microsoft veut concurrencer AOL dans ce domaine et lance MSN, avec les mêmes propriétés (comprendre, il faut payer). En 95 toujours, Netscape lance son navigateur qui utilise le Web comme support. Hors le Web est ouvert et accessible à tout le monde. En 96, Microsoft intègre IE à Windows pour contrer Netscape (ce qui est illégal), et AOL forge une alliance avec Microsoft. Il s'en suivit la terrible guerre des navigateurs.
En 98, Netscape décide d'ouvrir son code source et Mozilla.org est créé pour développer le prochain Netscape. Mais ce ne fut pas simple, le code était pourri à cause des ajouts anarchiques, tout n'était pas libre parce qu'il y avait des portions développés par des sociétés tierces, et finalement, le code ouvert ne compilait même pas. En octobre la décision est finalement prise de réécrire la majeure partie du code. En 99, AOL rachète Netscape et n'en fait rien. En 2002, Mozilla 1.0 finit par sortir relativement discrètement.
Pour finir, en 2003 AOL signe un accord de 750 millions de dollars avec Microsoft, et démantèle toute la partie développement de Netscape. Internet Explorer n'est plus développé activement depuis quelques années. Serait-ce la victoire des systèmes propriétaires sur le Web ?
C'est alors qu'intervienne les guerrilleros qui vont sauver le Web. En juillet 2003 la Mozilla Foundation est créée, notamment gràce à un don de 2 millions de dollars de la part d'AOL (il y avait donc au moins une personne de correcte chez AOL). En février 2004 Mozilla Europe est créé par la volonté de quelques anciens de Netscape situés à Paris (dont Tristan Nitot). En novembre 2004 sortira Firefox 1.0.
Le projet Mozilla en chiffre, c'est 12 employés de la Mozilla Foundation, 400 personnes habilités sur le CVS, des dizaines de milliers de rapporteurs de bogues, et des dizaines de communautés de traducteurs. La promotion de Firefox est faite en grosse partie via le site spreadfirefox.com. Tristan nous invite alors à contribuer à la sauvegarde du Web ens'enregistrant sur le site, en diffusant Firefox, et en utilisant des navigateurs alternatifs.
Pour illustrer les propos de Tristan, un spectateur entousiaste (moi) lui a lancé une peluche Firefox (tout le monde devrait avoir la sienne d'ailleurs). Pour faciliter les adoptions, Mozilla Europe devrait bientôt ouvrir une boutique en Europe.
Tristan a ensuite consacré le peu de temps qu'il lui restait à parler des standards et de l'accessibilité sur le Web. Etant moi même déjà convaincu de l'importance des standards et de l'accessibilité, je n'ai pas pris de note sur cette partie, mais je vous invite à voir la vidéo quand elle sera disponible.
Quelques photos de l'événement.